La revue et le mouvement Psy Cause associent des professionnels de différents pays et de plusieurs disciplines, qui s'expriment en langue française pour valoriser le champ de la psychiatrie. Ce site leur appartient.

Psy Cause signe une charte au siège parisien de l’OIF, le 16 novembre 2017

Le site de l’OIF évoque, à côté des états, une place pour la « société civile » qui « a toujours été au cœur du projet francophone. » Il précise : « Placées aux avant-postes de la réflexion et de l’action, les OING francophones sont d’importants relais du plaidoyer de l’OIF sur la scène internationale participant à la mise en œuvre de ses programmes sur le terrain. Plus largement, la coopération avec les organisations et les réseaux francophones de la société civile comme le Réseau des associations professionnelles francophones, le Réseau francophone pour l’égalité femme-homme, de même que la Plateforme internationale des réseaux jeunesse francophones, permet de profiter d’une expertise et d’une expérience au quotidien dans tous les domaines d’action de l’OIF. »

 

Psy Cause est invité, ce 16 novembre 2017, à participer à un colloque dont le thème est la RSE et aussi la RSI (responsabilité civile des entreprises et des institutions), managé par la Direction de la Francophonie économique et numérique de l’OIF et dont le contenu est mis en forme par le Réseau des associations professionnelles francophones (RAPF). Plus particulièrement, Psy Cause est convié à la signature solennelle d’une charte en fin de journée, laquelle confirmera son entrée dans la société civile de l’OIF.

 

La délégation de Psy Cause comporte trois membres du bureau (le Dr Jean Paul Bossuat, Président , le Dr Thierry Lavergne, Vice Président et Mme Catherine Gras Bossuat, Secrétaire, chargée ce jour du reportage photographique de l’événement) ainsi que deux chargées de mission, la Dr Béatrice Ségalas et Mme Nyl Erb. Des invités au titre de Psy Cause ont par ailleurs fait le déplacement. Le colloque se déroule dans la salle Senghor dédiée aux conférences. Outre des membres et invités de chaque association concernée par le colloque, le public est composé de cadres de l’OIF, de personnalités spécialisées dans la RSE et d’ambassadeurs. Ce colloque va être passionnant car il va mettre en série des exposés de professionnels de terrain dont les domaines d’intervention sont extrêmement divers mais unis par des valeurs appartenant à la Francophonie. Il va être une opportunité exceptionnelle de faire progresser une spécificité francophone et d’avancer des propositions.

 

Après le mot d’ouverture des travaux par le Directeur de la Francophonie économique et numérique, Mr Kako Nubukpo, la Présidente du RAPF, Mme Michèle Cartier le Guérinel présente le réseau, le thème et le déroulement des travaux. Elle définit les objectifs du réseau qui sont de défendre « au delà de la langue française, la référence à une culture ou à un système francophones dans les domaines juridique, technique, scientifique, économique ou financier respectant l’éthique et des normes internationales. »

 

Elle présente le thème et le programme des travaux : la Responsabilité Sociétale est au cœur des préoccupations des professionnels de terrain engagés dans la Francophonie. Elle nous informe du rôle de débatteur de Mr Arnaud Galy qui représente l’association Agora Francophone Internationale, une organisation de journalistes domiciliée à l’Ecole Supérieure de Journalisme (Lille), qui gère et anime deux médias francophones : la plateforme internet Agora et la revue papier « Année Francophone Internationale ». Le mode de fonctionnement de cette association est très proche de Psy Cause et des liens privilégiés ne manqueront de s’établir avec elle.

 

Notre propos n’est pas ici de résumer les diverses interventions, mais de situer le positionnement de notre revue/association lors de ce colloque à l’OIF. Citons tout de même la communication d’un assureur qui fait le constat des variations du coût d’une vie humaine entre un Canadien, un Français et un Burkinabé, et propose l’établissement d’un prix international minimum d’une vie, opposable aux entreprises. Citons aussi les diapositives spectaculaires de l’association des techniciens biologistes (ASSITEB-BIORIF) sur la gestion fort peu précautionneuse de déchets particulièrement toxiques dans certains pays africains.

 

Les deux conférenciers de Psy Cause interviennent après ceux de l’Association Internationale des Etablissements Francophones de Formation à l’Assurance, spécialiste de la couverture des risques internationaux présente dans 20 pays, principalement en Afrique Subsaharienne, pour laquelle la question des référentiels francophones est de première importance.

 

Le message de Psy Cause est centré sur la dimension humaniste francophone prenant en compte la globalité de la personne face à la vision plus pragmatique anglo-saxonne nord-américaine d’un catalogue de symptômes du type DSM. Cette dimension n’est évidemment pas sans lien avec les préoccupations de la RSE.

 

Le Dr Jean Paul Bossuat évoque le rôle d’un ministre de la santé de la République Française, Félix Houphouët Boigny, qui favorisa le développement des clubs thérapeutiques, par sa circulaire du 4 février 1958 sur « l’organisation du travail des malades mentaux en traitement dans les hôpitaux psychiatriques », et contribuait ainsi au mouvement de désaliénation de nos asiles, ce qui fut une prise de position essentielle en terme de responsabilité sociétale. Le travail en équipe pluridisciplinaire et la prise en compte de la maladie mentale au sein de la cité en relèvent également. Le numéro spécial Sénégal du Pr Thiam publié par Psy Cause fin 2015, situe la psychiatrie sénégalaise dans la filiation de l’Ecole de Dakar animée par le Pr Collomb dans années 1960 et 1970, qui adaptait au contexte culturel africain les avancées conceptuelles françaises. La Responsabilité Sociétale des psychiatres était d’associer leurs traitements aux acteurs traditionnels (les tradipraticiens) et de prendre en compte des spécificités africaines dans la construction de la personnalité. Cette préoccupation était au centre de notre congrès Psy Cause à Parakou (Bénin) sur la place de l’Afrique dans les classifications (en particulier le DSM).

 

Comme elle fut bien présente à Lomé lors des deux colloques Psy Cause Togo/ STSM de 2015 et 2016. Le Dr Jean Paul Bossuat attire l’attention sur notre douzième congrès international qui se déroulera à Lomé (Togo) du 4 au 6 décembre 2018, avec pour thème : « La Francophonie face à la mondialisation : famille et psychopathologies dans l’espace francophone. » Il sollicite l’implication de l’OIF dans cette manifestation. Notre exposé cite également le Pr Dassa, Professeur togolais de psychiatrie, qui parle d’une aptitude de la langue française à rendre compte de l’oral qui occupe une place première au Togo : « L’écrit est omniprésent et fait de l’ombre à l’expression orale, qui représente tout de même notre principal moyen de communication en particulier chez nous en Afrique. Le passage de l’oral à l’écrit n’est en fait plus considéré aujourd’hui comme la clé de la transformation des mentalités et des sociétés. » Le second congrès de la Société Africaine de Santé Mentale présidé à Abidjan par le Pr Drissa Koné en mars 2017, a confirmé le rôle de premier plan de la revue Psy Cause en Afrique Subsaharienne.

 

Le Dr Jean Paul Bossuat évoque, enfin, l’utilisation du Français en Extrême Orient (Cambodge et Japon), dans deux congrès Psy Cause centrés sur la personne.

 

Le Dr Thierry Lavergne parle de son expérience canadienne, terre de rencontre, où les deux langues officielles sont l’anglais et le français, entre l’approche francophone plus humaniste et l’approche anglophone plus technique. Ces deux approches étant vécues comme complémentaires. La prise en compte de cette confluence à Montréal ou à Ottawa est aussi de l’ordre d’une Responsabilité Sociétale. Notre débatteur, Arnaud Galy, fera d’ailleurs observer son constat, au fil des communications, d’une découverte du champ de la RSE par les intervenants, comme de la prose par Mr Jourdain dans la célèbre comédie de Molière.

 

Le Dr Thierry Lavergne conclut ainsi notre exposé : « Aujourd’hui, les deux pensées coexistent dans la plupart des pays du monde, avec d’un côté une pensée anglo-saxonne pragmatique recueillant les symptômes pour les articuler aux possibilités de traitement, notamment par les psychotropes, et de l’autre une pensée, que nous retrouvons dans la Francophonie, qui fait le constant aller-retour entre la rencontre clinique et l’élaboration théorique pour favoriser une approche humaniste référencée à la théorie, et articulée à l’histoire des grands courants de pensée humanistes. »

 

Le Directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF à Paris, Mr Kako Nubukpo, prend la parole pour la synthèse des travaux et la conclusion.

 

Rappelons quelques éléments de son parcours. Il fut, de 2013 à 2015, ministre auprès de la Présidence de la République Togolaise, chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques. Agrégé d’économie, il a été macroéconomiste et chef de service au siège de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) à Dakar de 2002 à 2003, avant de rejoindre de 2003 à 2007 le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) à Montpellier et à Bamako. Il a occupé également d’importantes fonctions à la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine et, en tant que directeur exécutif du CADERDT (Centre Autonome d’Etudes et de Renforcement des Capacités pour le Développement du Togo) en 2012-2013, au centre de recherche de l’African Capacity Building Foundation. Il est membre du Global Economic Governance Programme des universités d’Oxford et de Princeton.

 

De par son histoire personnelle et la diversité de ses engagements, il a été sensible à notre projet de congrès francophone au Togo et à notre conclusion sur la complémentarité des approches francophone et anglophone dans le champ de la santé mentale. Il reprend magistralement dans sa conclusion notre argumentation, en articulant d’une part « une approche francophone centrée sur le sujet », avec d’autre part « une approche anglophone centrée sur l’objet. »

 

Les travaux étant clôturés, le moment est venu de procéder à l’admission solennelle de trois nouvelles associations : Psy Cause International, Agora Francophone Internationale et le Comité de liaison des institutions ordinales vétérinaires francophones. Le Président de Psy Cause est appelé au pupitre après le représentant de l’association des journalistes, et avant celui des vétérinaires. C’est accompagné du Dr Thierry Lavergne, Vice Président, et de Mme Nyl Erb, chargée de mission en Extrême Orient, que le Dr Jean Paul Bossuat signe la charte au nom de Psy Cause. Un moment d’émotion qui marque le début d’une nouvelle étape au service de la Francophonie.

 

Jean Paul Bossuat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 Commentaires

  1. Très bel article traçant la mémoire d’un très bel événement… bravo et amicalement
    Thierry Lavergne

  2. Bonjour à tous,

    Je viens d’apprendre que Psy Cause fait maintenant partie de la Société civile de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Je suis extremement heureux, et ceci a double titre : d’une part parce que cela récompense la ténacité du créateur et directeur de la revue Jean-Paul Bossuat qui a été et reste un animateur remarquable d’équipe et, d’autre part, parce que cela permet de donner une « visibilité » internationale à une vision humaniste de la psychiatrie. Dans un monde de plus en plus « mondialisé » et une psychiatrie de plus en plus « dsm-isée » en langue anglaise, il est vraiment heureux de voir qu’une association et une revue ouvertes sur l’histoire de la psychiatrie, la vie institutionnelle, la psychopathologie, la psychanalyse et la psychiatrie interculturelle puisse avoir le soutien d’une aussi prestigieuse institution que l’OIF, reconnue dans les instances les plus hautes: gouvernementales, diplomatiques et internationales (OMS, Unesco, Nations Unis).
    Avec toutes mes félicitations !
    Gérard Pirlot
    professeur de psychopathologie psychanalytique
    psychanalyste SPP et ancien psychiatre des Hôpitaux
    Université de Toulouse II Jean-Jaurès

  3. Un bel événement avec la présence de Psycause qui récompense le dynamisme et la ténacité de son Président ,Jean-Paul Bossuat sans oublier le soutien efficace de son épouse ,Cathy.
    Bien amicalement.
    Dr J.L.GRIGUER

  4. La pertinence d une Charte OIF confirme si besoin était -la qualité de la Revue Psycause
    Félicitations à ses Président -Vice-Président quant à Cathy pour cet investissement
    Nyl Erb
    Déléguée Japon

  5. Belle synergie pour Psy Cause par la signature avec l’OIF de cette charte. Sincères félicitations à ses présidents.
    Cathy GUITTON

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