Psy-Cause a été fondée en 1995 par Jean-Paul Bossuat, psychiatre des hôpitaux à Avignon, et Thierry Lavergne, psychiatre des hôpitaux à Aix en Provence, pour promouvoir la théorisation de la pratique de terrain en santé mentale, et contribue aujourd’hui à faire savoir les savoir-faire des psy du monde entier

Actualité de Psy Cause en Ontario

01-drapeau-20.9.13Lors de la réunion fondatrice de Psy Cause Canada, le samedi 19 septembre 2015, salle 320-16 de l’unité d’enseignement F Grunberg, dans le pavillon Bédard de l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Montréal, il fut décidé de nommer le Pr Raymond Tempier (qui s’était porté volontaire) à la fonction de coordonateur délégué dans la Province de l’Ontario. Le siège social de notre section canadienne de Psy Cause International est à Montréal mais nous avions retenu le principe d’une présence dans d’autres provinces que le Québec, certaines disposant d’une communauté francophone importante. Ainsi un demi million de francophones résident dans l’Ontario, et la ville d’Ottawa, capitale de la confédération canadienne, dispose d’un hôpital francophone au service de cette population : l’Hôpital Montfort. Le combat mené pour le maintien de cet établissement de soins, qui dispose d’un département de psychiatrie, a beaucoup contribué à l’affirmation d’une identité franco-ontarienne d’ailleurs soutenue par de nombreux canadiens anglophones.

 

02-Discours-Roy-4.10.13C’est ainsi que Psy Cause a tenu en octobre 2013 à l’Hôpital Montfort son premier congrès international en terre canadienne. Ce congrès sur le thème de la problématique en santé mentale des minorités culturelles fut co-organisé par le Pr Raymond Tempier, psychiatre à l’hôpital Montfort. Le Pr Jean Roy, vice doyen de la Faculté de médecine d’Ottawa, directeur du Bureau des Affaires Francophones, anime une branche universitaire francophone de l’enseignement de la médecine à Ottawa. Le 4 octobre 2013, il faisait le récit, dans son discours d’ouverture de notre congrès, du développement de l’enseignement en français à la faculté de médecine d’Ottawa et expliquait l’importance de l’Hôpital Montfort (CHU depuis juin 2013) comme terrain de stage et de formation en langue française pour les étudiants. Les interventions dans le cadre de ce congrès démontrèrent que cette remarque concernait autant les étudiants en médecine que les étudiants en psychologie et de diverses disciplines paramédicales.

 

03-Ottawa-1.10.13La dimension pluridisciplinaire de la revue Psy Cause est appréciée à l’Hôpital Montfort. Nos deux articles canadiens actuellement en attente de publication ont été rédigés par des psychologues cliniciens exerçant dans cet hôpital. L’un d’entre eux nous a proposé un texte intitulé « Comorbidité entre maladies chroniques et problèmes de santé mentale fréquents : Différences entre francophones et anglophones ». Le Pr Raymond Tempier soutient ce travail original qui a le mérite d’appuyer la pertinence de l’existence même de l’Hôpital Montfort. Cet article constate : « la langue est un déterminant de la santé peu étudié lorsqu’il s’agit de sa relation avec les problèmes de santé mentale et les maladies chroniques. Pourtant, l’effet de l’aspect linguistique sur la santé est très pertinent dans le contexte des deux langues officielles du Canada. La langue est un élément fondamental de la relation patient-professionnel de santé ; ceci est d’autant plus vrai dans la prise en charge des patients souffrant de maladies mentales (…). En outre, l’utilisation des services de santé est considérable pour les patients souffrant de maladies chroniques et de troubles de la santé mentale. L’existence bien documentée de barrières linguistiques à l’intérieur du système de soins a créé un différentiel de santé favorable envers le groupe linguistique en position majoritaire, notamment en terme d’accès aux services, la qualité des soins, les droits des patients, l’efficacité de la communication médecin-patient et la santé en elle-même. »

 

L’auteur principal, le Dr Jean Grenier, est docteur en psychologie, co-directeur de recherche à l’Hôpital Montfort et Professeur adjoint à l’Université d’Ottawa, outre ses activités cliniques. Il a associé à son travail des collègues psychologues, une épidémiologiste, des médecins, et un sociologue/anthropologue. Cet article est le fruit d’une approche résolument pluridisciplinaire. Il fait observer que les francophones vivant en situation minoritaire sont potentiellement plus à risque que leurs homologues anglophones dans le cas des maladies cardiaques associées à l’insomnie ainsi que dans le contexte de la fibromyalgie associée à la dépression. Ces résultats interrogent sur les « déterminants sociaux » subis par cette minorité. Les auteurs signalent que leur travail a pour finalité d’introduire une recherche en santé mentale qui est à mener.

 

04-Daoust-4.10.13Un autre acteur très impliqué dans le cadre de Psy Cause à Ottawa est le Pr Jean-Philippe É. Daoust, psychologue clinicien à l’Hôpital Montfort et professeur à l’Université d’Ottawa. Il avait participé activement à notre IX° congrès international à l’Hôpital Montfort d’octobre 2013. Spécialiste des États de Stress Post Traumatique, il avait déjà publié dans le N°65 de la revue Psy Cause, dans laquelle il est membre du comité de rédaction francophone, au début de l’année 2014, un article intitulé « État de Stress Post Traumatique et usage problématique de substances en lien avec l’efficacité d’une clinique spécialisée pour Franco-ontariens en milieu hospitalier universitaire. » Il propose à présent à la publication, un texte intitulé « Évaluation du Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) en contexte transculturel : revue de la littérature et tentative de conceptualisation des enjeux primordiaux à considérer en psycho-traumatologie. » Ce travail associe deux psychologues cliniciennes et une ergothérapeute.

 

05-Bureau-Montfort-20.9.13Dans un courriel en date du 18 janvier 2016, le Pr Raymond Tempier propose une contribution complémentaire à ces deux articles : « je pourrais faire un court article sur la situation des Franco ontariens par rapport à la psychiatrie et aux services offerts tant à Montfort que dans d’autres institutions ontariennes y compris dans le Nord Est ontarien. » Nous convenons alors d’un dossier sur la psy franco-ontarienne qui pourrait trouver sa place dans le N°71 de la revue Psy Cause, le N°70 actuellement en cours de construction étant centré sur des articles japonais. Nous faisons un appel en Ontario pour un éventuel quatrième article.

 

L’Ontario est donc, au sein de Psy Cause, un pôle important aux côtés du Québec, tout particulièrement par ses contributions dans notre revue.

 

Jean Paul Bossuat

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